Adblock : un vrai defi pour notre UX

juin 01, 2016

agence adblockQui d’entre nous surfant sur le web peut se targuer de ne pas s’être trouvé face à une bannière publicitaire? Une pré-roll vidéo ou un jingle qui se lance sans qu’on ne lui ait rien demandé? A la faveur de la multiplication des devices, progressivement la publicité sur Internet est devenue omniprésente, envahissante même.

Pub intrusive vs contenu digital gratuit 

Comptabilité des clics et des vues, traçage des utilisateurs… Toutes les données offertes par le web ont permis à la publicité d’exploser sur Internet, au grand dam des Internautes. Interrogés dans le cadre d’un récent sondage IPSOS, 90 % des  internautes français jugent la publicité sur le web « omniprésente », 80% « intrusive » et 61% « stressante ».  Ils sont 84% à considérer qu’elle leur « fait perdre du temps »… oubliant légitimement que la publicité est la monnaie d’échange d’un accès gratuit aux contenus financés par les publicitaires.

Flash back…

Jusqu’à récemment les annonceurs et les éditeurs bien que conscients du risque qu’engendrait l’accroissement exponentiel des publicités sur le web ne s’en souciaient pas vraiment. Pourquoi se priver de ROI facilement auto – généré par « son » trafic ?

L’importance de l’Expérience Utilisateur !

Un jour, certains en ont eu assez. Ras-le-bol ! Ils ont dit non à la pub intrusive et ont conçu une solution leur permettant de se protéger. Un bloqueur de publicité… AdBlock était né.

Rapidement, le bloqueur de publicité créé a rencontré un très vif succès auprès des technophiles. Évangélisant le marché, ces internautes ont permis à la société allemande Eyeo éditrice d’AdBlock d’exploser.
Devant un tel engouement, AdBlock c’est vite fait remarquer. Certains sites annonceurs ont pris peur, notamment les éditeurs de contenus… beaucoup de pub sur leur site.

J’achète mon passe-droit ! 

D’autres, notamment les géants du web parmi lesquels Google, Amazon, Ebay et Yahoo ont choisi d’adopter une stratégie de… nouveaux riches.  Sur la terre du Net, comme ailleurs, nul ne serait donc parfait. Un chèque contre un passe-droit ?  Une « whiteliste » serait approprié… c’est-à-dire que la société Eyeo se verrait proposer des versements de grands éditeurs pour « whitelister » leurs publicités. En d’autres termes, continuer à les diffuser sous réserve de se conformer à certains critères.
Des accords d’abord confidentiels qui ne sont pas passés inaperçus dans le Landerneau du Net. A tel point qu’en 2015 le buzz s’est fait autour d’un simulacre de scandale financier. Renommé programme de « publicité acceptable », environ 150 sociétés y seraient « whitelistées » par Eyeo. Un business model qui constituerait aujourd’hui la principale source financière des projets open source.

Une lame de fond

2015 a été sacrée l’année du « mobile first ». Pour la première fois, la publicité sur mobile a dépassé celle des autres canaux. Coïncidence ou effet de domino ? Selon le Financial Times, le nombre d’utilisateurs d’adblocks sur mobile en 2015 a augmenté de 90 %. En 2016, un utilisateur de smartphone sur cinq dans le monde utiliserait un adblock, soit environ 408 millions de personnes… et tout particulièrement la cible des 18 – 29 ans.

Contre offensive des marques

Face à l’invasion des Adblockers, la défense s’organise

La lame de fond  « bloqueur de pub » a ainsi fait réagir différemment les marques et les éditeurs. Certains ont choisi la manière didactique : un simple message nous invite à désactiver le soft lors de la navigation et en échange le site s’engage à ne pas utiliser de publicité intrusive ou agressive.

D’autres ont opté pour une stratégie plus directive

Le blocage pur et simple de tout contenu web lors de l’utilisation d’un Adblock. Une stratégie qui pour l’Internaute que je suis me paraît moins pertinente et plus pénalisante. En effet, cette seconde stratégie impacte à la fois l’image de marque de l’éditeur et la navigation de l’utilisateur. J’ajouterais même qu’avec la « sur-connexion » et la co-consommation de la data, bloquer l’accès à environ 20% de son trafic en espérant que les Internautes acceptent de retirer leur bloqueur semble idéaliste.  Bien entendu, il convient de nuancer ce propos. Les éditeurs n’étant ni philanthropes ni dupes, certains ont choisi de tronquer leur contenu pour contraindre l’utilisateur de retirer son bloqueur. Lui donnant ainsi accès à un nombre limité de données lorsqu’il utilise Adblock.

Ma propre UX… d’Internaute technophile

Chacun ira de son avis sur les bloqueurs de pub, leur utilité ou leur menace pour les marques et la stratégie web des éditeurs. Cet article ne fait pas acte ni loi… il se veut être le simple témoignage d’un jeune Internaute technophile.

Au-delà de souligner l’extension des bloqueurs de publicité sur mobile comme une véritable révolution, le développement des adblocks a été une excellente initiative. Enfin mon Expérience Utilisateur a été considérée ! Les adblocks m’ont permis de ne plus être otage d’une publicité devenue envahissant et pénalisante.

Une alternative plus soft  à l’Adbloking : le content

La fin de la publicité à outrance a contraint les sites qui publiaient beaucoup de contenus en échange de beaucoup de pub gratuite à revoir leur copyright. Seuls semblent résister ceux qui apportent une expertise en termes de content, des  sites où l’information est traitée telle qu’elle se doit.
Intérêt, qualité, et pertinence des contenus… une alternative high-value qui mérite d’être saluée dans cette course effrénée entre adblockers et anti-adblockers. En offrant une expérience éditoriale valorisante aux internautes, en choisissant la qualité à la quantité, les éditeurs servent les marques et les annonceurs. Résultat, une fidélisation à un contenu et  la construction d’un lien efficace entre marque et client.

Alexandre R.

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